Pascal MORA   publie  depuis  2005 en  revues  poétiques : Arpa, les Cahiers du Sens depuis 2008 , Décharges, Comme en Poésie, Friches, Inédit, Jointure, Multiples, la Porte des Poètes. Il a publié un recueil en 2009 : "Feuilles du chemin"  (Encres vives n° 364).  Il publie un  recueil en novembre 2011 : "Etoile nomade aux éditions L'Harmattan. En plus des poèmes et photos présentés sur la présente page, la page "Grains de houle" propose des poésimages : photos avec des poèmes en surimpression. Il partcipe à des lectures de poésie. Pour Pascal MORA, l'écriture
est un engagement de tout l'être dans son expérience vitale, une forme de l'épopée. Il passe ainsi par une traversée : de la nature, des villes et banlieues, des architectures , des paysages. Il va à la renconte. Les sensations saisies dans un cheminement intérieur sont l'occasion d'évoquer des moments rares , en intensité ou dans la quiétude.

 

 

 

   
     

   
     
 

A chaque orient

De commencement en commencement,

Sans éluder la fièvre

La beauté t’accompagne.

Amie lumineuse,

Elle infuse l’émotion

Qui nourrit ta joie.

 

 

 

   
 

Voyages dans la clairière

 

 

Pascal   Mora

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caminando se hace el camino

Le chemin se fait en cheminant

 

(Jean de la Croix)

 

 

 

L’air à peine froissé

Par un chuchotis de vent

D’oiseau ou de source.

 

(Patrick Lannes extrait de Reconnaissances Editions ANDAS  2007)

 

 

 

Mon cor l’auratge de la lutz

Que vaga a cèrcs de martinets deu ser

E destronca l’auratge de l’aur

Mon cœur et mon orage de lumière

Errante aux cercles des martinets du soir

Renversant l’orage de l’or

(Bernard Manciet extrait de L’Enterrament a Sabres  Editions Mollat 1996 )

 

 

 

 

 

 

   
     
     
     
     
     
     
     
     
                                                                        
     
     
     
     
     
     
     

 

                                                

 

 

 

   
 

Premier jour

 

 

 

Méditer

A l'heure du pardon

Sur les marches

Des églises d'Orient

Aux arcs brisés.

 

Présence,

Plénitude et détachement.

Sommet de l'instant,

Vaste ciel du présent.

 

Ici, je viens de naître,

Sans histoire  ni avenir

Ici, je viens de naître

Sans joie ni tristesse

En vérité.

 

Mon nom importe peu

En ce monde de rues cachées

Et de portes dérobées

Je me connais sans frontières,

 

Je vois tout,

Je suis toute vie.

 

Je suis la forêt océane

Qui épanche sa résine

Dans l'Atlantique étale.

Je suis le coquillage

Dans l'onde ourlée

D'écume réversible

 

Je suis le dauphin plongeant

Dans un soleil d'éclaboussures.

Je suis  tous les âges,

Le nouveau-né, l'enfant,

Le jeune homme,

Le père et le grand-père.

 

Ailleurs fort de silence.

Sur mon front

Une pluie précieuse

Perle

Des fines branches.

 

Je viens  calligraphier

A l’aide d’une encre enchantée

Les notes indociles scandées

Entre les battements de paupières

De l'éternité.

 

Intervalle infini et éphémère

De vie

Mort

Vie.

   
     
     
 

                       

   
     
                                                                                                                                                                         
     
     
     

 

 

   
 

Les marées du silence

 

Les Glénan, Molène, Ouessant

Se souviennent des comètes

Lancées à toute mer

Comme cieux abattus

En archipels,

Paradis éperdus de récifs

Et de rives corsaires

Qui veillent sur l'exil

Des trésors.

 

Les îles

Sont des légendes

Soustraites

Au ressac des continents.

 

Une espérance ultramarine

Elève le verbe

Des enfants et des marins

Dans le havre

Des rêves nacrés.

 

La barque effilée

Comme un rostre d'espadon

Croise

Un essor de goélands

Aux ailes d'écume

Brûlant

Les horloges de sel

De la lenteur.

 

Les marées du silence?

Elles émergent des abysses

Pour se projeter

Sur les falaises

Amarrées au rivage,

Et sur les monolithes

De la plage

Qui cherchent le large

Depuis  des siècles.

 

Parfois

La nuit sur l'île

Parle la pluie

Et les sternes arctiques

S'élèvent en cherchant

Les haubans fortuits de la nuit.

 

 

 

 

 

   
     
     
     
                                                                    
     
     
     
 

Lisbonne

 

En été là-bas

Les bons alizés

Poussent les flâneurs

Le long du Tage ,

Comme voiles perdues

Dans la mémoire du paysage.

Et les maisons blanches dérivent

Sur l 'horizon pourpre

Des bougainvillées.

 

Le pain du midi

Est un sourire

Sans arrière-pensée.

Dans les bras de l'ombre,

Je vis inondé de linge frais.

Des perles d'eau

De lilas,

D'eau

de lavande

Me baignent le front.

 

Joie d'être vivant,

Passions absentes.

Je contemple

La lumière en robe irisée

Glissant sur les pavés.

 

Les azulejos de Sao Jorge,

Simple alchimie de vagues bleues

Et de pierres d'écume,

Ressemblent à l'océan

Couvert de poissons volants.

 

Alors ,

Ecouter les couleurs

De la vie lente,

La danse éternelle

Des âmes qui s'écoulent

Par les interstices

Du pavé.

 

Brise abondante du soir

Où glisser sa nage

Pour une brassée

De pierres précieuses.

 

 

 

   
     
     
     
                                                        
     
     
     
     
 

Vézelay

 

Respirer

La prière des chemins,

Gravir la colline

Par les rues circulaires.

 

Parcourir

Le grand moyen - âge

De pierre

Sous l'épée bleue

Du matin.

 

Saluer les arcades,

Franchir les ponts.

Et les voies qui s'élèvent

En résonnant

Comme des harpes

De hasard accordées

Aux  portails

Des maisons évasées.

 

Voici le sourire vagabond

Du marché.

Fleurs, fruits , aromates

Dévalés de la rivière

Aux saveurs.

 

Voici les marches.

Elles tendent leurs bras

A l'impatiente fatigue

Des fins de route.

 

 

Voici le parvis.

Comme un feu blanc.

En son centre

Brûle la chandelle du Morvan,

La cathédrale de Vézelay.

 

Elle n'est pas

Un joyau violent,

Plutôt un havre

Qui couronne la colline

Et contemple

La roue des saisons.

 

Le tympan du seuil

Regarde le levant.

Le Christ

Ouvre le passage

Vers  la lumière du silence,

Le cœur rayonnant du Vivant

Qui irrigue tout l’édifice.

Puis le narthex

Comme un repos

Où l'âme se délivre du temps.

 

En moi

S'assemblent les lettres

Des prières,

Comme perles de  mémoire

Que dépose

L'onde des rivières souterraines

 

La nef,

Vaisseau du pèlerinage vertical

Suit son cap occidental.

 

En haut des colonnes

Le grand livre sculpté

Des prophètes,

Des bâtisseurs,

Des bêtes alchimiques,

Des végétaux magiques,

Des destins paysans

Plus forts

Que les froides oraisons.

 

La procession innombrable

Attise l'incendie hivernal.

Mais les eaux de mars

Affluent dans ce delta

D'images-formes,

Evanescences

Incessamment renaissantes.

 

Elles m'invitent

A poursuivre mon chemin

Vers l'église originelle

La forêt bruissant

De frênes,

De fontaines et de huttes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
                                                   
     
     
 

Des quatre vents

 

C’est l’heure des feuilles

De pierre sèche.

 

A la croix des routes

Issues des quatre vents,

Il y a les jappements des chiens

Qui s’appellent

De place en place,

Et jamais n’apparaissent.

 

Au détour du chemin,

L'église me vient

En une ocre enjambée

De toits.

 

Au faîte du clocher

Un coq tourne les pages

Du zodiaque

Sous le vitrail

Des quatre saisons.

 

Dans une venelle médiévale,

Sur la vitrine embuée

De "la boutique aux simples",

Un doigt a calligraphié

Un nom, un amour.

 

 

A travers ce jour alphabétique

On entrevoit le jardin d’enfance,

Grâce d’être

Illuminée par toute vie

A son été.

 

Alors,

Qu'est-ce que le pur aujourd'hui?

C’est de l'ambroisie

Puisée dans l’azur,

Un pré vert tremblant

Sous les eaux sacrées

Du mai nouveau .

 

C’est la contemplation fraternelle

des hommes de pluie

Et de bruyère,

Et des bêtes sensitives

 

C'est la mélancolie

Des fossés remplis

De l’eau d'antan,

Tapissés d’algues

Ondoyantes

Et suaves

Comme les fleurs

Dans les cheveux

Des mariées sous juillet.

 

 

 

   

 

 

   
                                                    
     
     
 

Autre temps

 

Or,

Sur sa palette

La saison dilue

Tous les paysages de murs fanés,

De logis déserts

Et de cieux ondoyants.

 

Reste

Un village abandonné

Par ses âmes

Reparties de l’autre côté

Des pendules

Et des calendriers.

 

Sur les portails,

Des archipels de rouille

Dessinent des yeux

Pailletés de sombre

Solitude solaire .

 

Lieu sans retour.

Les merles des rues

Et ceux des toits

Y sifflent sous des oriflammes

Oubliés par le vent du siècle.

 

La place.

L’ histoire du bourg

me revient,

La moisson des paroles,

Le martèlement des fers

Autrefois les marchés,

Aujourd’hui les marches silencieuses

De la maison fertile.

Y demeurent encore

Une pêche et des roses à cueillir

Pour éclairer le chemin.

 

Instant altier.

Au centre de la promenade

Où je me tiens,

Sous l’ auvent

D’un arbre aux racines nomades

M’apparaît l’essence princière

De toute chose, de tout être,

En sa frêle félicité.

 

   
     
     

 

 

   
                                                            
     
     
     
     
 

Salut au soleil

 

La marche

Est quête d'un estuaire,

D'une vallée versant

Dans l'océan.

Le marcheur, lui, écoute

L'œil de la source.

 

Il est éveil

Elan de fleuve

Au jarret tendu

Vers le feu sombre

De l'arène.

 

Il fait midi

Sur le sentier lent,

Forêt d'éternité

L'ombre s' épuise

Dans l'écheveau

De la lumière.

 

La brise

Agite le songe vert,

Les membranes translucides

Des feuilles,

Des fleurs,

Des oiseaux.

 

Drapé

D'un ciel plus bas

Bleuté de nervures

Qui font chatoyer

L'amitié du jour.

 

Le marcheur respire

Son vertige d'air libre,

Souffle vers le dedans

Comme regard intérieur.

 

Et clarté

De la droite cascade,

Cette flèche

Empennée du torrent,

Qui anime la matière.

 

Quand l'invisible

Affleure la surface

A la croisée des mondes,

Le marcheur ploie

Comme un roseau

Sève qui monte,

Et qui descend.

 

 

   
     
     
     
                                                         
     
     
     
 

Août

 

Arrêt sur août

Aveuglant toute parole,

Montée

Dans la garrigue superbe

Par l’unique voie clarté.

Le legs de blancheur

D’un soleil funèbre

Fait éclater

Tous les sarments de pierre,

Tandis que le torrent

Se fait mirage ténu

Espérant

Les fragments de l’orage.

 

   
     
     

 

 

   
                                              
     
     
     
 

Mélodie du monde

 

 

Le pays d’été

Buissonne de grillons.

Leurs grésillements

Se mêlent à la mélodie

Du monde,

Cette respiration

Qui réunit les espaces.

 

Tu le sais,

Au cœur du champ commun

Il y a une forêt

Dont partager le souffle

Et l’oraison silencieuse.

 

   
     
     
     
                                                                    
     
 

Entre les jardins

 

Sur la grève du levant,

Le sommeil au jusant

M’abandonne un gréement,

Immédiat ciel outremer

Enluminé d’onyx fauve.

 

Je pousse la porte des jardins.

Adornés de primevères

Et de pervenches,

Elles sourient au frais dehors.

Par le ru des prés,

Je dévale une arabesque

De chèvrefeuille et de jasmin.

 

Les œillets humides

Comme bel œil de femme

Me frôlent le visage.

L'envie d'envol du flâneur

Croise le chant léger du rossignol,

La course parfaite

Des lièvres et des chevreuils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La foudre du silence

 

Comme l'automne s'attarde

Sur les jours qui s'amenuisent,

Les tempêtes saccagent

Les joyaux des prés

Et des forêts.

 

Voie des pas sonores.

Passés les fers des chevaux

Sous la voûte,

Le baume du silence

Pénètre la scorie des mots,

Et les nuées de feuilles

Les emportent

Dans la virevolte du regard,

Vers le territoire rapace,

Ce faîte de chêne

Où veille le chasseur.

 

 

 

 

 

 


 
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Bienvenue  sur le site  de Pascal  Mora  consacré à la photo et à la poésie !  J’ai réalisé les poèmes, les photos de la page d'accueil et la mise en page du site. L’idée est de faire dialoguer le texte et l’image.   J’ai  publié dans  différentes revues  poétiques : Arpa, les Cahiers du Sens 2008 et 2009, Décharges, Comme en Poésie, Friches, Inédit, Jointure, Multiples, la Porte des Poètes. J'ai publié un recueil en 2009 : "Feuilles du chemin"  (Encres vives n° 364). Nouvelle rubrique de poésimage : Grains de houle. Vous lirez désormais des poèmes de  Bernard Grasset et Patrick Lannespoètes de grand talent. Pèir Mora auteur confirmé trouve également leur place dans ce site : découvrez-le.  Je suis intéressé par des échanges de liens ou bannières avec des sites poétiques , artistiques . Laissez un message à la page "contact" 

 

 

 

 

   
     

   
     
 

A chaque orient

De commencement en commencement,

Sans éluder la fièvre

La beauté t’accompagne.

Amie lumineuse,

Elle infuse l’émotion

Qui nourrit ta joie.

 

 

 

   
 

Voyages dans la clairière

 

 

Pascal   Mora

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caminando se hace el camino

Le chemin se fait en cheminant

 

(Jean de la Croix)

 

 

 

L’air à peine froissé

Par un chuchotis de vent

D’oiseau ou de source.

 

(Patrick Lannes extrait de Reconnaissances Editions ANDAS  2007)

 

 

 

Mon cor l’auratge de la lutz

Que vaga a cèrcs de martinets deu ser

E destronca l’auratge de l’aur

Mon cœur et mon orage de lumière

Errante aux cercles des martinets du soir

Renversant l’orage de l’or

(Bernard Manciet extrait de L’Enterrament a Sabres  Editions Mollat 1996 )

 

 

 

 

 

 

   
     
     
     
     
     
     
     
     
                                                                        
     
     
     
     
     
     
     

 

                                                

 

 

 

   
 

Premier jour

 

 

 

Méditer

A l'heure du pardon

Sur les marches

Des églises d'Orient

Aux arcs brisés.

 

Présence,

Plénitude et détachement.

Sommet de l'instant,

Vaste ciel du présent.

 

Ici, je viens de naître,

Sans histoire  ni avenir

Ici, je viens de naître

Sans joie ni tristesse

En vérité.

 

Mon nom importe peu

En ce monde de rues cachées

Et de portes dérobées

Je me connais sans frontières,

 

Je vois tout,

Je suis toute vie.

 

Je suis la forêt océane

Qui épanche sa résine

Dans l'Atlantique étale.

Je suis le coquillage

Dans l'onde ourlée

D'écume réversible

 

Je suis le dauphin plongeant

Dans un soleil d'éclaboussures.

Je suis  tous les âges,

Le nouveau-né, l'enfant,

Le jeune homme,

Le père et le grand-père.

 

Ailleurs fort de silence.

Sur mon front

Une pluie précieuse

Perle

Des fines branches.

 

Je viens  calligraphier

A l’aide d’une encre enchantée

Les notes indociles scandées

Entre les battements de paupières

De l'éternité.

 

Intervalle infini et éphémère

De vie

Mort

Vie.

   
     
     
 

                       

   
     
                                                                                                                                                                         
     
     
     

 

 

   
 

Les marées du silence

 

Les Glénan, Molène, Ouessant

Se souviennent des comètes

Lancées à toute mer

Comme cieux abattus

En archipels,

Paradis éperdus de récifs

Et de rives corsaires

Qui veillent sur l'exil

Des trésors.

 

Les îles

Sont des légendes

Soustraites

Au ressac des continents.

 

Une espérance ultramarine

Elève le verbe

Des enfants et des marins

Dans le havre

Des rêves nacrés.

 

La barque effilée

Comme un rostre d'espadon

Croise

Un essor de goélands

Aux ailes d'écume

Brûlant

Les horloges de sel

De la lenteur.

 

Les marées du silence?

Elles émergent des abysses

Pour se projeter

Sur les falaises

Amarrées au rivage,

Et sur les monolithes

De la plage

Qui cherchent le large

Depuis  des siècles.

 

Parfois

La nuit sur l'île

Parle la pluie

Et les sternes arctiques

S'élèvent en cherchant

Les haubans fortuits de la nuit.

 

 

 

 

 

   
     
     
     
                                                                    
     
     
     
 

Lisbonne

 

En été là-bas

Les bons alizés

Poussent les flâneurs

Le long du Tage ,

Comme voiles perdues

Dans la mémoire du paysage.

Et les maisons blanches dérivent

Sur l 'horizon pourpre

Des bougainvillées.

 

Le pain du midi

Est un sourire

Sans arrière-pensée.

Dans les bras de l'ombre,

Je vis inondé de linge frais.

Des perles d'eau

De lilas,

D'eau

de lavande

Me baignent le front.

 

Joie d'être vivant,

Passions absentes.

Je contemple

La lumière en robe irisée

Glissant sur les pavés.

 

Les azulejos de Sao Jorge,

Simple alchimie de vagues bleues

Et de pierres d'écume,

Ressemblent à l'océan

Couvert de poissons volants.

 

Alors ,

Ecouter les couleurs

De la vie lente,

La danse éternelle

Des âmes qui s'écoulent

Par les interstices

Du pavé.

 

Brise abondante du soir

Où glisser sa nage

Pour une brassée

De pierres précieuses.

 

 

 

   
     
     
     
                                                        
     
     
     
     
 

Vézelay

 

Respirer

La prière des chemins,

Gravir la colline

Par les rues circulaires.

 

Parcourir

Le grand moyen - âge

De pierre

Sous l'épée bleue

Du matin.

 

Saluer les arcades,

Franchir les ponts.

Et les voies qui s'élèvent

En résonnant

Comme des harpes

De hasard accordées

Aux  portails

Des maisons évasées.

 

Voici le sourire vagabond

Du marché.

Fleurs, fruits , aromates

Dévalés de la rivière

Aux saveurs.

 

Voici les marches.

Elles tendent leurs bras

A l'impatiente fatigue

Des fins de route.

 

 

Voici le parvis.

Comme un feu blanc.

En son centre

Brûle la chandelle du Morvan,

La cathédrale de Vézelay.

 

Elle n'est pas

Un joyau violent,

Plutôt un havre

Qui couronne la colline

Et contemple

La roue des saisons.

 

Le tympan du seuil

Regarde le levant.

Le Christ

Ouvre le passage

Vers  la lumière du silence,

Le cœur rayonnant du Vivant

Qui irrigue tout l’édifice.

Puis le narthex

Comme un repos

Où l'âme se délivre du temps.

 

En moi

S'assemblent les lettres

Des prières,

Comme perles de  mémoire

Que dépose

L'onde des rivières souterraines

 

La nef,

Vaisseau du pèlerinage vertical

Suit son cap occidental.

 

En haut des colonnes

Le grand livre sculpté

Des prophètes,

Des bâtisseurs,

Des bêtes alchimiques,

Des végétaux magiques,

Des destins paysans

Plus forts

Que les froides oraisons.

 

La procession innombrable

Attise l'incendie hivernal.

Mais les eaux de mars

Affluent dans ce delta

D'images-formes,

Evanescences

Incessamment renaissantes.

 

Elles m'invitent

A poursuivre mon chemin

Vers l'église originelle

La forêt bruissant

De frênes,

De fontaines et de huttes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
                                                   
     
     
 

Des quatre vents

 

C’est l’heure des feuilles

De pierre sèche.

 

A la croix des routes

Issues des quatre vents,

Il y a les jappements des chiens

Qui s’appellent

De place en place,

Et jamais n’apparaissent.

 

Au détour du chemin,

L'église me vient

En une ocre enjambée

De toits.

 

Au faîte du clocher

Un coq tourne les pages

Du zodiaque

Sous le vitrail

Des quatre saisons.

 

Dans une venelle médiévale,

Sur la vitrine embuée

De "la boutique aux simples",

Un doigt a calligraphié

Un nom, un amour.

 

 

A travers ce jour alphabétique

On entrevoit le jardin d’enfance,

Grâce d’être

Illuminée par toute vie

A son été.

 

Alors,

Qu'est-ce que le pur aujourd'hui?

C’est de l'ambroisie

Puisée dans l’azur,

Un pré vert tremblant

Sous les eaux sacrées

Du mai nouveau .

 

C’est la contemplation fraternelle

des hommes de pluie

Et de bruyère,

Et des bêtes sensitives

 

C'est la mélancolie

Des fossés remplis

De l’eau d'antan,

Tapissés d’algues

Ondoyantes

Et suaves

Comme les fleurs

Dans les cheveux

Des mariées sous juillet.

 

 

 

   

 

 

   
                                                    
     
     
 

Autre temps

 

Or,

Sur sa palette

La saison dilue

Tous les paysages de murs fanés,

De logis déserts

Et de cieux ondoyants.

 

Reste

Un village abandonné

Par ses âmes

Reparties de l’autre côté

Des pendules

Et des calendriers.

 

Sur les portails,

Des archipels de rouille

Dessinent des yeux

Pailletés de sombre

Solitude solaire .

 

Lieu sans retour.

Les merles des rues

Et ceux des toits

Y sifflent sous des oriflammes

Oubliés par le vent du siècle.

 

La place.

L’ histoire du bourg

me revient,

La moisson des paroles,

Le martèlement des fers

Autrefois les marchés,

Aujourd’hui les marches silencieuses

De la maison fertile.

Y demeurent encore

Une pêche et des roses à cueillir

Pour éclairer le chemin.

 

Instant altier.

Au centre de la promenade

Où je me tiens,

Sous l’ auvent

D’un arbre aux racines nomades

M’apparaît l’essence princière

De toute chose, de tout être,

En sa frêle félicité.

 

   
     
     

 

 

   
                                                            
     
     
     
     
 

Salut au soleil

 

La marche

Est quête d'un estuaire,

D'une vallée versant

Dans l'océan.

Le marcheur, lui, écoute

L'œil de la source.

 

Il est éveil

Elan de fleuve

Au jarret tendu

Vers le feu sombre

De l'arène.

 

Il fait midi

Sur le sentier lent,

Forêt d'éternité

L'ombre s' épuise

Dans l'écheveau

De la lumière.

 

La brise

Agite le songe vert,

Les membranes translucides

Des feuilles,

Des fleurs,

Des oiseaux.

 

Drapé

D'un ciel plus bas

Bleuté de nervures

Qui font chatoyer

L'amitié du jour.

 

Le marcheur respire

Son vertige d'air libre,

Souffle vers le dedans

Comme regard intérieur.

 

Et clarté

De la droite cascade,

Cette flèche

Empennée du torrent,

Qui anime la matière.

 

Quand l'invisible

Affleure la surface

A la croisée des mondes,

Le marcheur ploie

Comme un roseau

Sève qui monte,

Et qui descend.

 

 

   
     
     
     
                                                         
     
     
     
 

Août

 

Arrêt sur août

Aveuglant toute parole,

Montée

Dans la garrigue superbe

Par l’unique voie clarté.

Le legs de blancheur

D’un soleil funèbre

Fait éclater

Tous les sarments de pierre,

Tandis que le torrent

Se fait mirage ténu

Espérant

Les fragments de l’orage.

 

   
     
     

 

 

   
                                              
     
     
     
 

Mélodie du monde

 

 

Le pays d’été

Buissonne de grillons.

Leurs grésillements

Se mêlent à la mélodie

Du monde,

Cette respiration

Qui réunit les espaces.

 

Tu le sais,

Au cœur du champ commun

Il y a une forêt

Dont partager le souffle

Et l’oraison silencieuse.

 

   
     
     
     
                                                                    
     
 

Entre les jardins

 

Sur la grève du levant,

Le sommeil au jusant

M’abandonne un gréement,

Immédiat ciel outremer

Enluminé d’onyx fauve.

 

Je pousse la porte des jardins.

Adornés de primevères

Et de pervenches,

Elles sourient au frais dehors.

Par le ru des prés,

Je dévale une arabesque

De chèvrefeuille et de jasmin.

 

Les œillets humides

Comme bel œil de femme

Me frôlent le visage.

L'envie d'envol du flâneur

Croise le chant léger du rossignol,

La course parfaite

Des lièvres et des chevreuils.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La foudre du silence

 

Comme l'automne s'attarde

Sur les jours qui s'amenuisent,

Les tempêtes saccagent

Les joyaux des prés

Et des forêts.

 

Voie des pas sonores.

Passés les fers des chevaux

Sous la voûte,

Le baume du silence

Pénètre la scorie des mots,

Et les nuées de feuilles

Les emportent

Dans la virevolte du regard,

Vers le territoire rapace,

Ce faîte de chêne

Où veille le chasseur.

 

 

 

 

 

 


 
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